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les drames du nouveau-monde



instant aux deux petits démons domestiques dont il était victime. Pourtant, s’il avait jeté un coup d’œil autour de lui ; il aurait aperçu leurs faces de singes, noires et grimaçantes, nuancées de toutes les périodes de l’extase, à chaque chute nouvelle du gros honhomme.

Ses tribulations ne cessèrent point ; et il tomba plus de dix fois encore avant d’arriver à son poste.

Mais il était si fort préoccupé de la grande affaire, qu’il s’apercevait à peine de tout cela. Il avait oublié jusqu’à l’existence des deux exécrables gamins qui désolaient son intérieur.

Suivant son habitude, il s’installa sur l’extrémité de son arbre favori et se disposa à jeter la ligne. Mais, hélas ! l’arbre tout entier tomba avec lui dans la rivière : ce nouveau méchant tour lui rappela les petits monstres qu’il nourrissait « à la sueur de ses os, » et lui arracha un certain nombre d’interjections passablement furieuses, pendant qu’il barbottait à grand’peine dans le perfide élément.

À la fin, il se mit à pêcher, et, le soir venu, il avait sa corbeille pleine. Craignant que, s’il tardait trop, sa femme entreprit quelque préparation