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les drames du nouveau-monde



il avait à peu près l’âge, lui portait une vive amitié, et était payé largement de retour.

Oonomoo devint le messager intime des deux amoureux : sans être chargé d’aucune mission il leur apportait tour à tour de grands bonheurs,… un mot… un regard… un rien : cela suffisait pour illuminer toute une journée !

Il faudrait une plume de poëte pour narrer l’héroïque histoire d’Oonomoo : il avait été à toutes les batailles du désert ; tous les champs de victoire avaient retenti de son terrible cri de guerre ; sa hutte était tapissée de chevelures scalpées ; son nom, aussi célèbre que redouté, était l’orgueil de ses amis, la terreur de ses ennemis.

Il suffisait de nommer Oonomoo pour agiter les peuplades voisines, de haine, de crainte, ou d’espérance.

Oonomoo était le dernier rejeton d’une ancienne et noble race ; il était le dernier type chevaleresque du Guerrier Rouge, ce roi du désert américain, avant l’invasion européenne.

On supposait bien qu’il avait quelque part, dans les profondeurs inaccessibles des bois, une femme et un enfant qu’il visitait de temps en temps ; mais le lieu de cette retraite était resté