Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/71

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
71
rayon-de-soleil

— Je sais ; mais c’est pour la pluie à venir : il faut être prêt à tout ce qui peut arriver.

— Imbécile ! est-ce qu’il y a la moindre apparence d’orage dans l’air ?

— Les tempêtes sont si soudaines, massa Canfield ! je connais ça.

— Moi aussi. Mais au nom du sens commun ! que faisais-tu dans cette hutte, lorsque je suis arrivé ?

— Est-ce que j’ai grogné contre vous ?

— Sans doute ! j’ai cru un instant avoir affaire à un ours grizzly.

— Justement ! voilà où est la farce, massa Canfield : je voulais voir si vous n’étiez pas peureux, vous.

— Trêve de pasquinades ! reprit le jeune officier d’un air sérieux, dis-moi à quelle occasion tu t’es fourré dans ce réduit ?

— C’est lorsque Ils sont venus… répondit le nègre repris d’un tremblement subit, et jetant autour de lui un regard de terreur.

— Qui ?… les Shawnees, n’est-ce pas ? Dis-moi ce qui s’est passé.

— Ça n’a pas été long, Massa : Ils sont venus la nuit, bien tard, et ils ont tout brûlé à la fois.