Page:Alcott - Jack et Jane.djvu/149

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
119
LE CLUB DES DÉBATS.

les autres, vous ferez beaucoup pour Bob, rien qu’en ne lui reprochant pas son passé et en l’accueillant gentiment. Et quant à moi, mes amis, je suis prêt à faire tout ce que vous voudrez pour vous remercier de m’avoir accordé son admission. »

Édouard reprit sa place d’un air radieux. Son procès était gagné. Le vote fut unanime. Toutes les mains se levèrent sans en excepter même celle de Joë. Bob et Tom furent dûment élus, et comme nous n’aurons pas l’occasion d’assister à une autre séance du club, nous dirons dès à présent qu’ils se montrèrent dignes de l’honneur qui leur avait été fait, et que leurs collègues n’eurent pas à se repentir d’avoir accédé aux désirs du bon Édouard.

Cet incident clos, le président passa à l’ordre du jour. Les débats du club n’étaient jamais bien longs. Ce n’était le plus souvent qu’un prélude aux rires et aux jeux.

Mais cette fois la question était grave.

« Les filles ont-elles le droit d’aller au collège avec nous ? dit Frank d’un ton solennel. Délibérons : Ralph, Gustave et Édouard sont sans doute pour, et Joë, Walter et Grif contre.

— Mais non, monsieur le président, interrompit Walter, je suis au contraire de votre côté. »

Cette déclaration, faite avec une évidente conviction, lut accueillie par un franc éclat de rire.

Mais alors Joë se leva.

« Je parlerai donc pour deux seulement, dit-il, car il est évident que Jack va prendre le parti des filles. Elles le gâtent trop pour qu’il puisse en être autrement. »

Joë n’avait pas un caractère des plus aimables ; les