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JACK ET JANE.

Au même instant, Jack se précipita dans la chambre. Le bruit de la fugue de Frank était parvenu jusqu’à lui, mais il refusait de le croire, tant que son frère ne le lui aurait pas avoué lui-même, et lui fallut se rendre à l’évidence.

Il n’eut d’abord que de l’admiration pour le sang-froid de son frère, mais une seconde pensée lui vint, et il s’écria avec désespoir :

« Oh ! Frank, vous avez joué avec votre vie ! »

Cet événement émut vivement Jane ; mais, bientôt rassurée sur le résultat, sa gaieté reprit le dessus, et, pendant que Frank, très troublé, allait avec sa mère chez M. Burton, elle supposa, de concert avec Jack, tous les incidents du procès qu’on allait faire à Frank.

Suivant eux, le coupable allait être condamné à dix ans de réclusion, et à une amende qui réduirait toute sa famille à la mendicité, si Jack et Jane ne parvenaient pas à gagner des sommes folles, l’un avec sa plume et l’autre avec son aiguille.

Tous deux furent presque désappointés, quand Frank leur annonça qu’il n’y aurait probablement qu’une amende à payer, puisqu’il n’était arrivé aucun accident. Du moins, c’était l’opinion de M. Burton. Ce qu’il en adviendrait pour Joë, Frank ne le savait pas encore ; mais son avis était qu’il méritait en outre une bonne correction.

Naturellement, toute cette affaire fit grand bruit dans le monde des enfants.

Lorsque Frank retourna en classe le lendemain, il se disait que sa réputation devait avoir été gravement atteinte, et il fut tout surpris de se trouver au contraire