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LES TROIS GLISSADES.

dans la neige en riant jusqu’à ce que Jack vînt à son secours.

« Si vous voulez absolument faire une folie, lui dit Jack en la relevant, je ne vous la laisserai pas faire toute seule. Ce n’est pas la peur qui me retient, c’est la raison. J’ai déjà passé plusieurs fois avec les garçons sur cette glissade ; mais nous l’avons abandonnée presque aussitôt, parce que la pente est trop raide et l’arrêt sur le rocher qui sépare la colline de la route trop subit. »

Car Jack était brave comme un petit lion et de la meilleure sorte de courage, de celui qui consiste à ne pas faire une sottise par pure forfanterie.

« Vous n’avez pas tort, Jack ; je crois comme vous que cette glissade ne doit pas être agréable, mais il faut que j’y passe une fois ou deux. Sans cela Joë me taquinera toujours, et ça me gâtera tout mon plaisir d’aujourd’hui. »

Sur ce, Jane se mit à secouer sa robe couverte de neige et à frotter ses mains déjà rouges de froid.

« Allons, dit Jack, vous allez commencer par mettre mes mitaines, et, si elles ne vous vont pas trop mal, vous les garderez. Moi je ne les prends que pour faire plaisir â maman et je ne m’en sers jamais. Ainsi ne me refusez pas.

— Merci bien, elles sont délicieusement chaudes et me vont à merveille, mais elles doivent être trop petites pour vos mains de garçon. Je vous en tricoterai une autre paire pour Noël et je vous forcerai bien à les porter, moi. »

Tout en parlant, Jane enfilait ses mitaines avec un sourire de remerciement. Elle termina son discours par