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JACK ET JANE.

ment où les écoliers se préparaient à sortir de classe, leur maître, M. Acton, les arrêta.

« J’ai à vous parler, » leur dit-il.

Le bruit cessa comme par enchantement, et l’on eût entendu voler une mouche ; mais le cœur de ceux qui avaient commis quelques peccadilles battait bien fort.

M. Acton était un homme très consciencieux, qui s’occupait beaucoup de ses élèves et qui aidait leurs parents à les bien élever. Or il y avait dans la ville une certaine petite boutique où l’on vendait des bonbons, des billes, du papier et des journaux. C’était autrefois le rendez-vous des petits garçons, mais leur maître leur avait défendu d’y entrer, parce que, dernière cette boutique si séduisante, étaient un café et un billard. C’était une mesure de précaution très sage, car les images des journaux n’étaient pas toujours très convenables, la conversation des habitués était plus ou moins édifiante, et les enfants, pour paraître des hommes, s’aventuraient quelquefois dans le café.

Voici donc ce que dit M. Acton au milieu du plus profond silence :

« Mes enfants, vous devez vous souvenir que l’année dernière, pour vous empêcher d’aller au café, j’ai dû vous défendre formellement d’aller en ville pendant les récréations. »

Un murmure d’assentiment accueillit ces paroles. M. Acton continua :

« La règle ayant été enfreinte à plusieurs reprises, je vous ai avertis que, puisque les réprimandes particulières ne suffisaient pas, le premier coupable que je découvrirais serait puni en public. Le moment est venu