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LES TROIS GLISSADES.

héros vaincu, qui s’efforçait vainement d’avoir l’air calme et de se redresser tout à fait.

Jane alors ferma les yeux et, repoussant ses compagnes, elle leur dit :

« Laissez-moi, ne vous inquiétez pas de moi. Occupez-vous de lui.

— Inutile c’est fini ! » lui cria Jack.

Et il fit un nouvel effort pour bien prouver à son amie qu’il n’avait rien ; mais, cette fois, la douleur lui arracha un cri et il serait retombé sur le dos, si son frère ne l’avait pas soutenu.

« Qu’est-ce que c’est, frère ? Où avez-vous mal ? lui demanda Frank réellement effrayé !

— Ma tête, je crois, n’a rien de grave ; mais je crains de m’être cassé la jambe. Ce que je vous recommande, frère, c’est de garder cela pour nous et de ne pas effrayer notre mère. »

Jack prit la main de Frank et la serra en voyant sa figure bouleversée par l’inquiétude. Les deux frères s’aimaient beaucoup, quoique l’aîné tyrannisât quelquefois le plus jeune.

« Tenez-lui la tête, Frank, pendant que je vais la lui bander pour l’empêcher de saigner, » dit Édouard Derlin d’une voix calme.

Il posa une poignée de neige sur la blessure. Jack, immédiatement soulagé, l’en remercia par un sourire.

« Il n’y a qu’une chose à faire, c’est de ramener Jack chez sa mère aussitôt que possible, » dit Gustave.

Son regard ému ne pouvait quitter le visage ensanglanté de son petit camarade.

« Il faudra aussi transporter Jane ; mon avis est