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BELLE-PLAGE.

source de distractions pour elle et de plaisirs pour les autres enfants, qui n’avaient pas de plus grand bonheur que d’augmenter ses trésors. On mit des coquillages dans le fond du seau, on en garnit le tour à l’extérieur. On y déposa des crabes, des crevettes, des anémones de mer, des astéries, des goémons et jusqu’à de petits poissons qu’on renouvelait souvent.

Que de fois l’encyclopédie de Frank fut compulsée ! Jane tenait à se renseigner sur les mœurs des habitants de son aquarium et elle avait raison.

Jamais personne ne dérangea l’installation de la petite fille, au contraire ; elle trouvait souvent à sa place un livre, un fruit ou des fleurs. Les baigneurs s’intéressaient tous à cette petite malade si gaie et si patiente.

Quelles bonnes vacances ! et quel agréable séjour que Belle-Plage ! Nos amis étaient dans le ravissement. Il n’y avait pas jusqu’à Mme Minot qui ne fût très heureuse de son séjour. La mère de Gertrude se trouvait être une de ses meilleures amies, qu’elle avait perdue de vue depuis longtemps.

Jack et Frank couraient sur la grève ; ils apprenaient à se servir du vélocipède du jeune Hughes ; ils faisaient des parties de pêche, des pique-nique et suivant la prédiction de Jack ils devenaient « forts comme des Turcs. »

À vrai dire, ils en avaient grand besoin. Frank avait trop travaillé ; il avait grandi trop vite et s’était si bien courbé sur ses livres que ses épaules s’étaient arrondies et que ses jambes grêles semblaient ne plus pouvoir les porter. L’air de la mer, les bains et l’exercice lui faisaient grand bien. Jack se ressentait encore un peu de sa jambe cassée et il avait besoin aussi de prendre des