Page:Alcott - Jack et Jane.djvu/303

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



CHAPITRE XX

UNE IMPRUDENCE


Jane menait une existence si heureuse à Belle-Plage, que personne n’eût pu croire qu’elle y ferait encore des bêtises. Elle en fit une cependant, et qui pouvait lui coûter cher.

Elle s’amusait beaucoup, avons-nous dit, mais elle souffrait de ne pouvoir participer à tous les jeux de ses camarades. Elle eût voulu les suivre partout. Son dos ne lui faisait plus mal ; ses jambes semblaient infatigables, et il lui en était d’autant plus difficile de résister à la tentation et d’être prudente, Mme Minot avait grand’peine à contenir son ardeur. Il lui suffisait cependant d’un mot ou d’un geste pour retenir la petite fille ; mais elle n’était pas toujours là, et Jane n’était que trop disposée à abuser de ses forces.

Un jour, Mme Minot ayant une course indispensable à faire, laissa Jane paisiblement installée dans son bateau avec Gertrude et Mary. Elle lui recommanda de n’en sortir que pour retourner dans la véranda de l’hôtel.

« Oui, maman, répondit la petite fille.