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JACK ET JANE.

bateaux, deux grands et deux petits. Le temps était encore plus beau que la veille. La rivière serpentait au milieu des prés et des bois aux feuilles de mille couleurs.

Quelle gaieté ! Quel plaisir ! Jane avait apporté sa guitare, et Édouard son violon. On fit de la musique, on chanta. On s’arrêta dans les plus jolis endroits pour mieux les admirer : on cueillit des nénuphars, des joncs et des myosotis pour en faire des bouquets. On s’amusa de toutes les façons.

L’Ile-Verte, ainsi nommée à cause des chênes qui la couronnaient, était le lieu de réunion de la jeunesse d’Harmony, quand il s’agissait d’un pique-nique ou d’une partie de pêche. Une certaine petite caverne où l’on pouvait faire du feu, en faisait foi par ses pierres noircies. Nos amis y débarquèrent bientôt. Leur arrivée mit en fuite des écureuils qui faisaient leur provision de glands pour l’hiver et qui ne savaient que penser de cette invasion.

Les petites filles mirent la table sur une roche couverte de mousse ; des feuilles servaient de plats et d’assiettes, et même de serviettes. Frank eut mission de faire le café ; Gustave de couper le pain et les gâteaux ; Jack et Grif apportèrent du bois pour allumer le feu, et Édouard, comme toujours, fut à la disposition de chacun.

Enfin tous les préparatifs furent terminés. Les jeunes gens commençaient à s’impatienter du retard de Ralph, quand ils aperçurent de loin sa périssoire.

« Il va bien vite, dit Jane. Qu’est-il donc arrivé ?

— Rien de désagréable évidemment, répondit Merry. Il a l’air trop heureux. »