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L’ÎLE VERTE.

Il y avait en effet du nouveau, mais rien que de très heureux. Ralph sauta hors de son bateau avant même d’avoir touché la rive, et courut vers ses amis en criant et en agitant son chapeau.

« Hourrah ! hourrah ! dit-il. Je pars pour Rome dans quinze jours. »

Le goûter en fut oublié. Tout le monde se leva, entoura Ralph, lui fit des questions sans fin et des compliments sincères. Les écureuils durent se demander ce que signifiait ce tapage.

« Oui, mes amis, répéta Ralph. Je partirai d’ici quinze jours. J’ai un peu d’argent pour commencer, et, si par hasard je ne me tirais pas d’affaire, David German a dit qu’il me viendrait en aide.

— C’est très beau de sa part, répondit Frank.

— J’irai vous voir en Italie dans quatre ans, quand je serai sorti de l’Université, dit Gustave.

— J’en accepte l’augure, fit Ralph,

— Vous resterez là, ces quatre années entières ? demanda Merry avec une nuance de tristesse dans ses grands yeux bruns.

— Je resterai tout le temps qu’il faudra pour acquérir du talent, répondit Ralph. J’ai beaucoup à apprendre et je ne veux penser qu’à arriver au but.

— Vous allez devenir célèbre, dit Jane.

— Pas de sitôt répondit Ralph. Il faut tant de temps et de travail pour gagner sa vie, qu’on se demande ce qu’il faut pour devenir célèbre. »

Merry paraissait avoir oublié dans sa préoccupation ses devoirs de maîtresse de maison. Annette la rappela à l’ordre.