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L’HÔPITAL NUMÉRO 1.

— On a un peu taquiné Jack, c’est tout. Voyons, frère, ne vous fâchez pas ; Joë manque de délicatesse. Il n’avait pas de mauvaises intentions, et il n’est pas en somme allé trop loin, avouez-le ! dit Frank pour apaiser le malade.

— Je vous avais tant recommandé de ne pas le fatiguer ! Ces grands garçons ont été trop bruyants, trop tapageurs. Mais aussi je n’aurai pas dû le quitter, dit Mme Minot qui essayait en vain d’embrasser la tête blonde de son fils, qu’il avait si bien cachée qu’on apercevait plus que le bout d’une oreille cramoisie.

— Il s’est beaucoup amusé, et tout serait allé comme sur des roulettes si Joë ne l’avait pas taquiné à cause de Jane ! Ah ! voilà Joë qui reçoit sa punition. Je savais bien que Gustave et Édouard me remplaceraient, » s’écria Frank en s’approchant de la fenêtre pour voir la cause des cris et des rires qu’on entendait dans la cour.

Jack découvrit sa tête pour demander avec intérêt :

« Qu’est-ce qu’ils lui font ?

— Ils le roulent dans la neige. Entendez-vous ces hurlements ?

— C’est bien fait, » murmura Jack.

Un gémissement un peu plus accentué de Joë ayant amené devant les yeux de Jack la vision d’un agréable mélange d’oreilles frottées de neige et de taloches, il partit d’un éclat de rire, qu’il se reprocha toutefois aussitôt.

« Frank, dit-il à son frère, courez vite les arrêter, je n’en veux plus à Joë. Cependant, dites-lui bien que c’était un vilain tour à me jouer. Dépêchez-vous. Gustave est si fort, qu’il ne se doute pas comme il peut faire mal quand il frappe. »