Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/227

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Tante Myra, se laissant tomber dans un fauteuil, promena autour d’elle des regards de stupéfaction.

« Mais enfin, Rose, lui dit-elle, que signifie tout cela ?

— J’étudie la structure du corps humain, répondit la petite fille, non sans une certaine pointe d’orgueil. Je m’y suis préparée par la lecture d’un livre français excellent et, par-dessus le marché, charmant : l’Histoire d’une bouchée de pain. L’oncle Alec vient de me montrer le thorax et le diaphragme. Voyez-vous, ma tante, nous avons douze côtes de chaque côté : les sept d’en haut sont appuyées sur le sternum, cet os qui est là au milieu de la poitrine ; les cinq dernières, qu’on appelle les fausses côtes, ne se rejoignent plus. Il n’y a entre elles que des cartilages ; c’est pourquoi, quand on serre trop son corset, on les comprime et on réduit le… la... attendez un peu, je ne me souviens plus du nom ! la cavité thoracique dans laquelle se trouvent le cœur et les poumons.

— Quelle mémoire ! s’écria Mme Myra. Mais, mon cher Alec, vous oubliez combien Rose est impressionnable et nerveuse.

— Je ne l’oublie pas le moins du monde, répondit le docteur ; mon intention bien arrêtée est de lui apprendre à dominer ses nerfs au lieu de les laisser prendre le dessus.

— Croyez-vous que ce soit un sujet d’études convenable pour une jeune fille ? continua la tante Myra.

— Pourquoi faire de cela une chose mystérieuse et