Page:Alembert - Traité de dynamique (1758).djvu/24

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
xij
DISCOURS

ces sortes de Mouvements. Pourquoi donc aurions-nous recours à ce principe dont tout le monde fait usage aujourd’hui, que la force accélératrice ou retardatrice est proportionnelle à l’élément de la vitesse ? principe appuyé sur cet unique axiome vague & obscur, que l’effet est proportionnel à sa cause. Nous n’examinerons point si ce principe est de vérité nécessaire ; nous avouerons seulement que les preuves qu’on en a apportées jusqu’ici, ne nous paroissent pas hors d’atteinte : nous ne l’adopterons pas non plus, avec quelques Géometres, comme de vérité purement contingent, ce qui ruineroit la certitude de la Méchanique, & la réduiroit à n’être plus qu’une Science expérimentale : nous nous contenterons d’observer, que vrai ou douteux, clair ou obscur, il est inutile à la Méchanique, & que par conséquent il doit en être banni.

Nous n’avons fait mention jusqu’à présent, que du changement produit dans la vitesse du mobile par les causes capables d’altérer son Mouvement : & nous n’avons point encore cherché ce qui doit arriver, si la cause motrice tend à mouvoir le corps dans une direction différente de celle qu’il a déja. Tout ce que nous apprend dans ce cas le principe de la force d’inertie, c’est que le mobi-