Page:Alembert - Traité de dynamique (1758).djvu/37

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
xxv
PRÉLIMINAIRE.

admet un être intelligent capable d’agir sur la matiere, il est évident que cet être peut à chaque instant la mouvoir & l’arrêter à son gré, ou suivant des loix uniformes, ou suivant des loix qui soient différentes pour chaque instant & pour chaque partie de matiere ; l’expérience continuelle des mouvemens de notre corps, nous prouve assez que la matiere, soumise à la volonté d’un principe pensant, peut s’écarter dans ses mouvemens de ceux qu’elle auroit véritablement si elle étoit abandonnée à elle-même. La question proposée se réduit donc à savoir si les loix de l’équilibre & du mouvement qu’on observe dans la nature, sont différentes de celles que la matiere abandonnée à elle-même auroit suivies ; développons cette idée. Il est de la derniere évidence qu’en se bornant à supposer l’existence de la matiere & du mouvement, il doit nécessairement résulter de cette double existence certains effets ; qu’un Corps mis en mouvement par quelque cause, doit ou s’arrêter au bout de quelque tems, ou continuer toujours à se mouvoir ; qu’un corps qui tend à se mouvoir à la fois suivant les deux côtés d’un parallélogramme, doit nécessairement décrire, ou la diagonale, ou quelqu’autre ligne ; que quand