Page:Alessandro Manzoni - Les fiancés, trad. Montgrand, 1877.djvu/413

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CHAPITRE XXVII.


Déjà plus d’une fois nous avons eu occasion de parler de la guerre, en ce moment très-active, qui s’était allumée au sujet de la succession de Vincent Gonzague, deuxième du nom. Mais cette occasion s’est toujours présentée lorsque nous étions fort pressés d’ailleurs, de sorte que nous n’avons jamais pu toucher ce point que par ricochet et en passant. Il devient cependant indispensable, pour l’intelligence de notre récit, que l’on ait à cet égard quelques notions plus circonstanciées. Ce sont des faits que connaissent les personnes instruites dans l’histoire ; mais comme, par un juste sentiment de nous-mêmes, nous devons supposer que notre livre ne sera lu que par des ignorants, il ne sera pas mal que nous donnions en quelques mots un aperçu de ces événements à ceux pour qui ce peut être nécessaire.

Nous avons dit qu’à la mort de ce duc, son plus proche héritier dans l’ordre naturel de succession, Charles Gonzague, chef d’une branche cadette transplantée en France où il possédait les duchés de Nevers et de Réthel, était entré en possession de Mantoue, et nous ajoutons maintenant de Montferrat, que cette hâte avec laquelle nous écrivions nous avait fait laisser au bout de la plume. La cour de Madrid, qui voulait à tout prix (et c’est encore une chose que nous avons dite) exclure de ces deux fiefs le nouveau prince à qui ils venaient d’échoir, mais qui pour l’exclure avait besoin d’une raison (car les guerres faites sans raisons seraient des guerres injustes), s’était déclarée pour les droits que prétendaient avoir sur Mantoue un autre Gonzague, Ferrante, prince de Guastalla ; sur le Montferrat, Charles-Emmanuel ier, duc de Savoie, et Marguerite Gonzague, duchesse douairière de Lorraine. Don Gonzalo, qui était de la famille du grand