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DONATELLO.

sens, parce que ces artistes introduisent dans leur œuvre, et dans l’art en général, un élément nouveau : la science.

Encore convient-il de s’entendre sur ce mot. Ce n’est pas que Giotto, Orcagna, que nous citions comme types, et autour d’eux d’admirables artistes, aient été dépourvus de science, ou, plus exactement, de savoir. Au contraire, ce sont de fort grands savants, connaissant parfaitement la nature et l’aimant, et possédant les ressources de la plus riche technique. Seulement, quels que soient les magnifiques spectacles qu’ils nous aient laissés, la différence, c’est que leur science repose davantage sur le dogme, tandis que celle des Uccello et des Donatello se fonde sur la recherche. C’est donc tout un autre monde.

Ils croient peut-être, et leurs admirateurs avec eux, comme le montré Vasari, qu’ils « retrouvent la beauté des antiques ». C’est là, en quelque sens, une illusion, car on ne retrouve pas la beauté des époques antérieures : ou l’affaiblit ou on en produit une nouvelle. Mais ils retrouvent quelque chose de plus important et de plus précieux : la méthode.

Donatello dans la sculpture, Brunelleschi dans l’architecture, Piero della Francesca et Signorelli dans la peinture, sont peut-être les plus grands hommes de tout l’art italien, car ils ouvrent, pour les raisons que nous venons de faire entrevoir, des voies nouvelles, et les plus grands de leurs successeurs n’en ouvriront pas une seule autre. Signorelli a également recherché ce nu avec la même passion, et il joue un rôle absolument correspondant à