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JOURNAL DE MONSIEUR MURE

nue de Clichy jusqu’à la Fourche. Là, je ne me suis pas trompé, je les ai revus tous les deux, très bas dans l’avenue de Saint-Ouen. Ils passaient sous un réverbère. Mes yeux de presbyte ont reconnu Hélène. Mais ils avaient trop d’avance. J’ai fouillé en vain un dédale de petites rues pauvres. Puis, je suis rentré, j’ai guetté à la fenêtre, je suis ressorti. Rentré de nouveau, je viens d’écrire tout ceci, pour tâcher d’oublier qu’Hélène est dans les bras de Fernand.


Cinq heures du matin.

On sonne… La porte de l’hôtel se referme… Un pas léger dans l’escalier… Un froufrou de robe de soie… C’est Hélène qui rentre au petit jour… La voici au premier étage… Quand elle introduira la clef dans la serrure, je serai à ses pieds.


XIV


X…, novembre 1878.

Trois ans et demi après ! Me voici encore seul dans mon appartement de vieux garçon.

La soirée d’hier m’a fait coucher tard. J’étais agité. J’ai eu peine à fermer l’œil. Mais j’ai dormi d’un sommeil profond et réparateur, pour ne me réveiller qu’à dix heures, ce matin. À peine ouverts, mes yeux se sont tournés vers la fenêtre. Un pâle soleil d’hiver, gai quoique pâle, commençait à fondre de petits cristaux étoilant les vitres.