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LE COLLAGE

Son pied a beau n’être chaussé que de pantoufles : il m’atteint à un endroit extrêmement sensible et me fait, un mal atroce.

Je suis tout pâle. Je me traîne jusqu’à la toilette, où, tout en me bassinant l’endroit, avec de l’eau fraîche, afin d’éviter quelque suite fâcheuse, je m’aperçois que je cherche encore le motif de la fureur de Célina. A-t-elle entendu quelque chose en remontant l’escalier ? Flore lui aurait-elle parlé des quinze sous ? Je ne suis rassuré qu’à la fin, lorsque Célina vient me retrouver et m’accable de nouvelles injures. Affolée par la disparition de son chat, la sotte s’imagine que je l’ai fait s’évader, et ne veut pas admettre un instant que Momiche ait pu prendre tout seul la poudre d’escampette.


VIII


2 septembre.

Encore quatre mois d’écoulés. La vie d’enfer continue.

Nos deux existences cheminent côte à côte, avec des heurts imprévus, des froissements éternels. Entre les crises, reviennent des périodes d’accalmie, dues à une double fatigue réciproque. Nous ressemblons alors à deux malades, qui, au milieu de souffrances plus sourdes, gardent l’angoisse des tortures prochaines. Jamais d’éclaircie