Page:Alexis de Tocqueville - L'Ancien Régime et la Révolution, Lévy, 1866.djvu/440

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La Révolution n’est pas arrivée à cause de cette prospérité ; mais l’esprit qui devait produire la Révolution, cet esprit actif, inquiet, intelligent, novateur, ambitieux, cet esprit démocratique des sociétés nouvelles, commençait à animer toutes choses, et, avant de bouleverser momentanément la société, suffisait déjà à la remuer et à la développer.



Comment les lois judiciaires des Anglais prouvent que des institutions peuvent avoir beaucoup de vices secondaires sans que cela les empêche d’atteindre le but principal qu’on s’est proposé en les établissant.


Cette faculté qu’ont les nations de prospérer malgré l’imperfection qui se rencontre dans les parties secondaires de leurs institutions, lorsque les principes généraux, l’esprit même qui anime ces institutions, sont féconds, ce phénomène ne se voit jamais mieux que quand on examine la constitution de la justice chez les Anglais au siècle dernier, telle que Blackstone nous la montre.

On y aperçoit d’abord deux grandes diversités qui frappent :

1° La diversité des lois ;

2° La diversité des tribunaux qui les appliquent.

I. Diversité des lois. 1° Les lois sont différentes pour l’Angleterre proprement dite, pour l’Écosse, pour l’Irlande,