Page:Alfred Vacant - Dictionnaire de théologie catholique, 1908, Tome 8.1.djvu/573

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112 : JÉSUS-CHRIST. LA THÉOLOGIE JUIVE 1128 d’esprit dans I Mach.,iv,46. — 2. Roi,- de précurseur du Messie. Le Messie devait être oint par Élie, chargé de le révéler au monde. Telle est la tradition juive dont Tryphon, s. Justin, Dialog., c. xi.ix. P. (L. t. vi, col. 581 sq.,nous atteste encore l’existence au m siècle. Ce thème était fécond en développement : nous en rencontrerons plus loin quelques-uns. 3. Rôle par rapport ù la résurrection des morts. Dans certains textes de la Michna, on lit menu- que la résurrection aura lieu par le ministère d’Élie, Michna, Solo. ix. 15 ; cf. Lagrange, op. cit., p. 182, 212. Mais il n’est plus alors question de messianisme. 2° Les noms tlu Messie. — Messie, oint. yziazôç, s’entend, dans l’Ancien Testament, du prêtre, Lev., IV, :i. 5, et surtout du roi. 1" « oint de Jahvé ». Il est appliqué à Sud. 1 Reg., xu. 3, 5 ; xxiv, 7. 11 : xxvi, 9, 11. lli. ’2. !; II Reg., i. 11. 16 ; XIX, 21 : a David, II Reg., xxm. 1. Mais toute personne, choisie par Dieu pour être l’instrument de ses œuvres, était aussi dite l’oint de Jahvé : Cyrus, Is.. xi.v, 1 ; les patriarches, IV-.. cv, l.">: I Par., xvi. 22 : et même, semble-t-il, le peuple entier d’Israël. Ilab.. m, 13. I.e terme d’oint de Jahvé paraissait doue admirablement choisi pour désigner le libérateur futur, celui qui devait, par la vertu de Jahvé, sauver son peuple, et, de fait, il se trouve au moins dans deux passages parfaitement clairs. Ps., n. 2 : I Reg., n, 10. Cf. Dhorme, Le cantique d’Anne, Revue biblique, 1907, p. 3<st ;-3<i7. C’est de là que l’expression a passé aux écrits de l’école phari- salque, Hénoch, xi.vm, 1<>: m, 1 : Psaumes île Salomon, xvin, 6 ; cf. xvn, 36 ; xvm, S et Apocalypse île Baruch, xxxix. 7 : xi., 1 : i. xxn. 2 : cl. xxix, 3 ; xxx. 1 ; xl, 9 ; cf. Berachoth, i, ■">: Sota, ix, 15. Depuis Daniel surtout. ix, 25-2(1. pour désigner le Sauveur attendu, on emploiera le nom de Messie. Targ. Is.. iv, 2 : x.xviu. 5 ; Targ. ilab., m. IS : Targ. Zach., IV, 7 : x. 1. etc., avec une tendance à relever le caractère royal du Messie, qui devint ainsi, non plus I’ i oint de Jahvé ►, mais 1’ i oint d’Israël ». Targ. Is., xvi. 5 : Mich.. IV, N. et apparaît de plus en plus comme un sauveur puis- sant qui viendra restaurer le trône de David et rebâtir Jérusalem. Voir plus loin. I.e Messie est aussi r « oint de la justice , Targ. .1er., xxm, ."> : xxxm. 15 ; Pesiqta rabbuthi, ICI/), Hi2 a. 162 b. 163 a. ICI a ; Dalman, Die Worte Jesu, Leipzig, 1898, p. 239-241. Parce que le Messie devait appartenir à la maison de David, il était aussi nommé fort communément • Fils de David ». Les exemples sont trop nombreux pour être cités ; cf. Ps. Salom., xvn, 5, 23 ; Targ. Is.. xi, 1 : .1er., xxm, 5 ; xxxm. 1 ’< ; Shemonéh Esréh, 1.">" Berakdh. Les noms donnés par [saie au Messie futur, voir col. 1 1 in, n’eurent pas beaucoup d’écho dans la tradition juive : après l’ère chrétienne, ou évita même de citer ce pas- sage, a cause des chrétiens qui reconnaissaient dans l’Emmanuel le Fils de la Vierge- A plus forte raison éVita-t-OH d’employer le terme l Fils de Dieu -.sug- géré cependant par Ps., n. 7. terme qu’on trouve cependant dans IV Esd., vu. 28, 29 ; xm. 32, 37. 52 cl peut-être dans Orac. sibyll, m, 77"). mais que les chrétiens entendaient au sens propre. . Suture du Messie ; sa préexistence. Pour les pharisiens, le Messie est un roi, un descendant de David, l’s. Salom., xvn, 5, 2.’ !: Shemonéh Esréh, passim, distingué par «les dons extraordinaires «le Dieu : mais ce n’est ni Dieu, ni un ange : c’est un homme. En ei lu de celle tradition ferme, le judaïsme devait refuser de reconnaître la divinité de Jésus ; (j c’est parce qu’ils refusèrent de reconnaître la divi- nilc de JéSUS, qui lis Juifs mecniiniir eut, pour la plupart, sa messianité. Nous attendons ions que le Chnst sera un homme, descendu des hommes . dit le juif Tryphon. Justin, Dialog., e. xi ix. /’. (i.. t. vi. 581. Cf. v Hippoiyte, Philosophumena, ix, 30, P. G., t. xvi, col. 3416 ; Origène, Contra Celsum, I. I, 49 ; 1. IV. 2. /’. r ;., t. xi, col. 7 :, :;. 1029. Le judaïsme admettait également une certaine préexistence du Messie. La préexistence réelle, sug- gérée par Michée. v. 2. cf. Dan., vu, 13. IL est tournée par le targum en préexistence purement nominale. On trouve la même déformation dans le targum de Zacharie, iv. 7. ci du l’s. i.xxn. 17. La préexistence du Messie ne supposerait ainsi qu’une prévoyance spéciale de Dieu par rapport â lui. Il faut donc, au point de vue de la tradition juive, n’accepter que sous réserve les affirmations de préexistence personnelle qu’on croit trouver dans Hénoch, xlviii, 3 ; xi.vi, 1.2 : î.xn, 7 : i.xviu, (i ; IV Esd., xn, 32 ; xm, 24, 52 : xiv, 9, d’autant plus que la préexistence idéale est attribuée à tous les objets des grands desseins de Dieu, la Loi, Moïse, les patriarches, la Jérusalem messianique, etc. Voir Fils de Dieu, t. vi. col. 2377. Voir, sur le même sujet, avec une nuance d’interprétation en sens opposé. Lepin. Jésus. Messie et Fils de Dieu. Paris. 1910, p. 39-41. Toutefois, à l’époque où parut Notre- Seigneur, l’attente du royaume messianique était telle qu’on se demandait si le Christ n’était pas déjà né. On réservait la possibilité de son existence, exis- tence postérieure à sa naissance, mais préexisti par rapport à sa manifestation. Nous négligeons déli- bérément toutes les modalités qui entourent ce con- cept de préexistence, et (pion trouvera exposées dans Lagrange, Le messianisme chez les Juifs, p. 222-22 1. Ce qu’on en a dit est suffisant pour faire comprendre le milieu dans lequel est paru le Sauveur. 1° Le l’ils de l’homme. — L’expression « Fils de l’homme i esi une de celles qu’il faut étudier plus par- ticulièrement pour bien comprendre l’emploi qu’en a pu faire, pour son propre compte, Jésus-Christ. La prophétie de Daniel, voir col. 1123. a eu une influence évidente, sur le livre des paraboles d’Hénoch, lien.. xxxvn-i.xxi. Dans Hénoch comme dans- Daniel, le Messie parait l comme un lils d’homme . Hénoch est plus expressif encore (pie Daniel. Le Messie y joue au complet le rôle que lui attribue toute la tradition juive : mais sa personne dépasse Imites les grandeurs d’ici-bas : il est supérieur aux anges : il est appelé • le Fils de l’Homme » : il préexiste à la création du monde : il habile avec les justes glorifiés, près de Dieu, sous ses ailes. Les traits de ce personnage mystérieux sont encore mal assurés ; ce n’est proprement ni un homme, ni un Dieu. Même au cas où dans les Paraboles d’Hénoch, très vraisemblablement antérieures, dans leur substance, â l’ère chrétienne de trois quarts de siècles, l’expression i Fils de l’homme •> serait une interpolation postérieure, voir Lagrange. Le messia- nisme (lie : les .lui/s, p. 89-98, il n’en reste pas moins vrai (pie cette expression était dans l’esprit des Juifs, sinon messianique, tout au moins susceptible d’un sens messianique, cl d’un sens messianique d’autant plus vrai qu’à côté des hautes prérogatives de l’envoyé de Dieu, le nom de i Fils de l’homme » mettait en relief • les caractères de faiblesse apparente, de con- descendante paternité, de souffrance rédemptrice et. pour tout dire, d’humanité, qui devaient marquer la carrière du Maître, i De (iraiidniaison, dans Diction- naire apologétique, art. Jésus-Christ, t. u, col. 13 11. Ce nom, Jésus pouvait donc se l’approprier convena- blement : d’une pari, à cause de sa signification Indé- terminée, il évitait l’éveil brusque de l’enthousiasme aveugle d’un peuple rêvant l’avènement d’un mes- sianisme grossier, ou encore il éloignait les suscepti- bilités de l’occupant étranger qui n’eût point compris le caractère «lu roi messianique, se révélant comme tel ; d’autre part, cependant, ce nom était suiiisani pour ni ienter les esprits bien disposes vers la vérité. Manifestation du Messie, ■ Le Christ, quand il