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CYBÈLE

européenne resta unie, et puis parce que le colosse russe devait un jour s’affaisser sous son propre poids et se diviser à son tour en un grand nombre d’États distincts. Car telle était la tendance de la civilisation avançante. Les divers États confédérés de l’Europe devaient eux-mêmes plus tard encore donner naissance à des concentrations de plus en plus multipliées jusqu’à la réalisation de ces individualités nationales parfaites qui permettaient le meilleur développement des institutions et des facultés humaines, sans préjudice des groupements fédératifs qui donnaient à leur tour satisfaction aux grands intérêts généraux. Ce système d’ailleurs n’était pas une nouveauté dans le monde. Il y avait beaux temps qu’un petit peuple sage, le peuple Suisse, en avait donné le profitable exemple.

Il était naturel que de toutes les révélations qu’offrait ainsi l’histoire ancienne de Cybèle à la légitime curiosité du jeune terrien, ce qui le captivât de préférence ce fussent les événements les plus voisins de sa propre époque. Aussi ne se lassait-il pas de revenir aux pages qui présentaient à son esprit l’image de cette France relevée, de cette Europe pacifiée, prospère et unie presque à l’égal des provinces d’un même État, où des liens de plus en plus étroits rapprochaient les peuples que tant de passions et d’ambitions avaient si longtemps