Page:Alhaiza, Cybèle, voyage extraordinaire dans l'avenir, Georges Carré, 1904.djvu/247

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CYBÈLE

sant dans ses mains l’office de rames, tandis qu’un léger mouvement des pieds faisait monter ou descendre sur la tige longitudinale de l’appareil, un poids emmanché comme celui d’une romaine qui donnait au corps les diverses inclinaisons qu’on voulait prendre. Puis, si par aventure, quelque malencontreux accident arrivait à l’ingénieux mécanisme, la sécurité du nageur aérien était garantie par un parachute qu’il portait artistement replié sur la tête en forme de coiffure, et qui s’ouvrait alors de lui-même, empêchant une chute mortelle.

Marius, depuis longtemps déjà rentré sous les lois ordinaires de la gravité, prenait plaisir parfois à se livrer à ce sport aérien qui lui rappelait en petit ses fantastiques évolutions du temps où s’exerçait sur lui la maligne attraction de l’inoubliable Gemma. Rien de plus hygiénique d’ailleurs et de plus vivifiant que d’aller ainsi pendant quelques heures s’abreuver d’air pur dans les hauteurs qui étaient autrefois le domaine inviolable de l’alouette matinale, domaine qui maintenant s’ajoutait après tant d’autres aux conquêtes de cet être aux vœux de plus en plus insatiables, qui s’appelle l’homme.


Par une belle matinée des premiers jours de floréal, il y avait grand émoi dans la maison de nos amis. L’immense aéronef mis à point, n’avait plus