Page:Alhaiza, Cybèle, voyage extraordinaire dans l'avenir, Georges Carré, 1904.djvu/273

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CYBÈLE

lequel ne dépasse guère quatre ou cinq petites lieues de rayon. Aussi la côte légèrement brumeuse de l’Afrique fut-elle presque toujours visible, rompant un peu la monotonie de la plaine liquide qui apparaissait immense et unie comme un miroir, et que tachaient à peine par ci, par là, les petites coques noires de quelques bâtiments. De temps à autre, on se croisait avec d’autres aéronefs qui, s’avançant à grande vitesse, passaient tantôt dessus, tantôt dessous. Et si l’on avait pu voir de même les navires sous-marins qui, dans les profondeurs des eaux, suivaient eux aussi leur itinéraire avec la même précision, l’on aurait eu en même temps sous les yeux les trois différentes manières de naviguer entre lesquelles les voyageurs de ce temps-là pouvaient choisir. Il va sans dire que le mode sous-marin bien que très amplement perfectionné depuis les tentatives des Péral et des Goubet, n’était pas le plus usité mais il avait pourtant ses amateurs, et il ne manquait pas de gens qui avaient même jeté leurs vues sur ce troisième système de navires, pour en faire leur appareil de salut anti diluvien, de préférence aux aéronefs. Prendre d’avance pour refuge ces mêmes flots qui constituaient tout le danger en perspective, c’était un moyen assez ingénieux et qui ne manquait pas après tout d’une certaine logique homœopathique. Pourtant il faut reconnaître que