Page:Alletz - De la démocratie nouvelle, ou des mœurs et de la puissance des classes moyennes en France - tome II.djvu/247

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


LIVRE X)CHAP.tX.

243

paix rétablie, la démocratie demande quelque chose en remplacement de la victoire le souverain ne résiste à son impatience factieuse qu’en faisant alliance contre elle avec la bourgeoisie et le premier prix de cette union est la liberté constitutionnelle.

Buonaparte, à son retour de l’île d’Elbe, offrit un pacte de ce genre aux classes moyennes, afin de leur faire épouser de nouveau sa cause en face de l’Europe menaçante. 11 espérait sans doute effacer, plus tard, ces humiliantes stipulations avec la pointe de son épée; mais on n’accable pas deux fois la liberté de son pays sous le poids du monde. La victoire l’abandonna et il dut s’unir avec les classes inférieures contre les moyennes, c’est à dire dissoudre la Chambre des représentants, et se mettre à la tête d’un mouvement révolutionnaire, au nom de la défense du territoire ou céder, en déposant la couronne, à la bourgeoisie, qui demandait son abdication. Le grand homme pénétra l’avenir d’un coup d’oeil il vit qu’il ne pouvait régner, à l’aide des classes inférieures, qu’à la condition de réussir à défendre le sol national que lors même qu’il accomplirait cette entreprise, il n’avait plus la victoire devant lui pour y puiser ses moyens de gouvernement, et que, faute d’occupation et de gloire à procurer au