Page:Aloysius Bertrand - Gaspard de la nuit, édition 1920.djvu/101

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I

LA CHAMBRE GOTHIQUE


Nox et solitudo plenæ sunt diabolo.
Les Pères de l’Église.


La nuit, ma chambre est pleine de diables.


« Oh ! la terre, — murmurai-je à la nuit, — est un calice embaumé dont le pistil et les étamines sont la lune et les étoiles ! »

Et, les yeux lourds de sommeil, je fermai la fenêtre qu’incrusta la croix du calvaire, noire dans la jaune auréole des vitraux.


*


Encore, — si ce n’était à minuit, — l’heure blasonnée de dragons et de diables ! — que le gnome qui se soûle de l’huile de ma lampe !