Page:Aloysius Bertrand - Gaspard de la nuit, édition 1920.djvu/132

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— « Mon père est le roi Nacbuc et ma mère la reine Nacbuca. Ioup ! ioup ! ioup ! » répondit le nain, tirant la langue d’un empan et pirouettant deux tours sur un pied.

Cette fois le soudard claqua des dents. Heureusement il se ressouvint qu’il avait un chapelet pendu à son ceinturon de buffle.

— « Si votre père est le roi Nacbuc, pater noster, et votre mère la reine Nacbuca, qui es in cælis, vous êtes donc le diable, sanctificetur nomen tuum ? balbutia-t-il à demi-mort de frayeur.

— Eh non ! dit le porte-falot, je suis le nain de Monseigneur le roi qui arrive cette nuit de Compiègne, et qui me dépêche devant pour faire ouvrir la poterne du Louvre. Le mot de passe est : Dame Anne de Bretagne et saint Aubin du Cormier. »