Page:Aloysius Bertrand - Gaspard de la nuit, édition 1920.djvu/219

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LE CHEVAL MORT


Le fossoyeur : — Je vous vendrai de l’os pour fabriquer des boutons.
Le pialey : — Je vous vendrai de l’os pour garnir le manche de vos poignards.
La Boutique de l’Armurier.


La voirie ! et à gauche, sous un gazon de trèfle et de luzerne, les sépultures d’un cimetière ; à droite, un gibet suspendu qui demande aux passants l’aumône comme un manchot.


*


Celui-là, tué d’hier, les loups lui ont déchiqueté la chair sur le col en si longues aiguillettes qu’on le dirait paré encore pour la cavalcade d’une touffe de rubans rouges.