Page:Aloysius Bertrand - Gaspard de la nuit, édition 1920.djvu/35

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


je rôdais à tâtons, n’y voyant goutte, dans les anfractuosités de Notre-Dame, c’est ce que vous expliquera un sacrilège. Il n’y a pas de serrure dont le crime n’ait la clef. — Ayez pitié de moi ! j’avais besoin d’une hostie et d’une relique. — Une clarté piqua les ténèbres, plusieurs autres se montrèrent successivement, de sorte que je distinguai bientôt quelqu’un dont la main affûtée d’un long allumoir distribuait la flamme aux chandelles du maître-autel. C’était Jacquemart qui, non moins imperturbable que de coutume sous sa caule de fer rapiécée, acheva sa besogne sans paraître s’inquiéter ni même s’apercevoir de la présence d’un témoin profane. Jacqueline, agenouillée aux degrés, gardait une immobilité parfaite, la pluie découlant de sa jupe de plomb attournée à la mode brabançonne, de sa gorgerette de tôle tuyautée comme une dentelle de Bruges, de son visage de bois verni comme les joues d’une poupée de Nuremberg. Je lui bégayais une humble question sur le diable et sur