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PLANTES CULTIVÉES POUR LEURS FRUITS

nom sanscrit, Chaya-pula[1], mais les Chinois n’ont reçu la plante qu’au Xe siècle de l’ère chrétienne. Ils la nomment Si kua, qui veut dire melon de l’ouest[2].

La Pastèque étant annuelle mûrit, au delà des tropiques, dans les pays où l’été est suffisamment chaud. Les Grecs modernes la cultivent beaucoup et la nomment Carpousea ou Carpousia[3], mais on ne trouve pas ce mot dans les auteurs de l’antiquité, ni même dans le grec de la décadence et du moyen âge[4]. C’est un mot commun avec le Karpus des Turcs de Constantinople[5], qui se trouve aussi en russe sous la forme de Arbus[6] et en bengali et hindoustani sous celle de Tarbuj, Turbouz[7]. Un autre nom de Constantinople, cité par Forskal, Chimonico, se trouve en albanais, Chimico[8]. L’absence d’un ancien nom grec qu’on puisse attribuer avec sûreté à l’espèce fait présumer qu’elle s’est introduite dans le monde gréco-romain à peu près au commencement de l’ère chrétienne. Le poème Copa, attribué à Virgile et Pline, en a peut-être parlé (livre 49, cap. 5), comme le présume Naudin, mais c’est douteux.

Les Européens ont transporté le Melon d’eau en Amérique, où maintenant on le cultive du Chili jusqu’aux États-Unis. Le Jacé des Brésiliens, figuré dans Pison et Marcgraf, est évidemment introduit, car le premier de ces auteurs dit la plante cultivée et quasi naturalisée[9].

Concombre. — Cucumis sativus, Linné.

. Malgré la différence bien visible du Melon et du Concombre, ou Cornichon, qui appartiennent tous deux au genre Cucumis, les cultivateurs supposent que des croisements de ces espèces peuvent avoir lieu et nuisent quelquefois aux qualités du Melon. M. Naudin[10] s’est assuré par expérience que cette fécondation n’est pas possible, et il a montré ainsi que la distinction des deux espèces est bien fondée.

Le pays d’origine du Cucumis sativus était réputé inconnu par Linné et de Lamarck. En 1805, Willdenow[11] a prétendu que c’était la Tartarie et l’Inde, sans en fournir aucune preuve. Les botanistes subséquents n’ont pas confirmé cette indication.

  1. Piddington, Index
  2. Bretschneider, Study and value, etc., p. 17.
  3. Heldreich, Pflanzen d. attischen Ebene, p. 591 ; Nutzpflanzen Griechenlands, p. 50.
  4. Langkavel. Botanik der späteren Griechen.
  5. Forskal, Flora ægypto-arabica, part. 1, p. 34.
  6. Nemnich, Polygl. Lexicon, 1, p. 1309.
  7. Piddington, Index ; Pickering, Chronological arrangement, p. 72.
  8. Heldreich, Nutzpflanzen, p. 50.
  9. « Sativa planta et tractu temporis quasi nativa facta, » (Piso, éd. 1658, p. 233.)
  10. Naudin, dans Ann. sc. nat., série 4, vol. 11, p. 31.
  11. Willdenow, Species, 4, p. 615.