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COCOTIER

fruit. C’est un arbre indigène sur toute la côte[1]. On le plante aussi, et l’exportation de l’huile, dite de Palme (Palm oil des Anglais), est l’objet d’un grand commerce.

Comme il se présente également à l’état sauvage dans le Brésil et peut-être à la Guyane[2], un doute s’était élevé sur la véritable origine. On pouvait d’autant mieux la supposer américaine que la seule espèce constituant, avec celle-ci, le genre Elaeis, est de la Nouvelle-Grenade[3]. Robert Brown cependant, et les auteurs qui se sont le plus occupés de la famille des Palmiers, sont unanimes à considérer l’Elaeis guineensis comme introduit en Amérique, par les nègres et les négriers, lorsqu’ils passaient de la côte de Guinée à la côte opposée américaine. Beaucoup de faits appuient cette opinion. Les premiers botanistes qui ont visité le Brésil, comme Piso et Marcgraf, n’ont pas parlé de l’Elaeis. Il se trouve seulement sur le littoral, de Rio-de-Janeiro à l’embouchure des Amazones, jamais dans l’intérieur. Il est souvent cultivé ou avec l’apparence d’une espèce échappée des plantations. Sloane[4], qui avait exploré la Jamaïque dans le XVIIe siècle et avait examiné en Europe des fruits venant d’Afrique, raconte qu’on avait introduit cet arbre, de son temps, de Guinée dans une plantation qu’il désigne. Il s’est naturalisé depuis dans quelques localités des Antilles[5].

Cocotier. — Cocos nucifera, Linné.

Le Cocotier est peut-être de tous les arbres des pays intertropicaux celui qui donne les produits les plus variés. Son bois et ses fibres sont utilisés de plusieurs manières. La sève, extraite de la partie inférieure de l’inflorescence, donne une boisson alcoolique très recherchée. La coque du fruit sert de vase ; le lait de la graine avant maturité est une boisson agréable ; enfin l’amande contient une forte proportion d’huile. Il n’est pas surprenant qu’on ait semé et transporté, le plus possible, un arbre aussi précieux. D’ailleurs sa dispersion est aidée par des causes naturelles. Les noix de coco, grâce à leur enveloppe fibreuse, peuvent flotter dans l’eau salée sans que la partie vivante de la graine en soit atteinte. De là résulte une possibilité de transports à de grandes distances par les courants et une naturalisation sur les côtes, quand la température est favorable. Malheureusement cet arbre exige un climat chaud et humide, tel qu’on le trouve

  1. R. Brown, Botany of Congo, p. 55.
  2. Martius, Hist. nat, Palmarum, 2, p. 62 ; Drude, dans Flora brasil., fasc. 85, p. 457. Je ne vois pas d’auteur qui affirme la qualité spontanée à la Guyane, comme de Martius le fait pour le Brésil.
  3. Elaeis melanocarpa, Gaertner. Le fruit contient également de l’huile ; mais il ne parait pas qu’on cultive l’espèce, le nombre des plantes oléagineuses étant considérable en tous pays.
  4. Sloane, Natural history of Jamaica, 2, p. 113.
  5. Grisebach, Flora of british W. India islands, p. 522.