Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/140

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conseil supérieur persistant aussi dans sa résolution, il ne restait à ce tribunal qu’à lever l’audience et à se retirer. Le chapitre était outré de l’affront qu’il recevait d’un corps si inférieur au parlement ; mais combien son mécontentement redoubla lorsqu’on vint lui apprendre que Joseph Dupuy, qui, pour solliciter la fierte, s’était fait volontairement écrouer à la conciergerie de la cour ecclésiastique, au lieu d’être, après l’arrêt d’exclusion, remis en son premier état, avait été, par l’ordre du procureur-général Perchel, arrêté et écroué dans les prisons de la conciergerie du Palais, avec défense aux geoliers de l’élargir sans son ordre exprès ! A l’heure même, MM. les chanoines Grésil et Carré de Saint-Gervais furent députés vers M. Thiroux de Crosne, premier président. Ils se plaignirent énergiquement « de cet attentat inouï à leur privilége, de cette violation manifeste de la foi publique. » Ils représentèrent que cette détention était une atteinte formelle au privilége de saint Romain, et qu’il n’était jamais arrivé que, le parlement ne confirmant point le choix fait par le chapitre, du prisonnier élu pour jouir du privilége, ce prisonnier eût été retenu dans ses prisons, quand il était venu volontairement se faire écrouer à Rouen pour solliciter la fierte. Tout le monde savait qu’en ce cas le prisonnier avait vingt-quatre heures pour s’enfuir, sans que les officiers de justice