Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/148

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Messieurs, pour vous demander de faire jouir du privilége que vous avéz de sauver un accusé, le nommé François Bertrand auquel j’accorde une protection spéciale. Les éclaircissemens que j’ay pris sur sa malheureuse affaire, me determinent à vous écrire moi-même, pour vous dire que je vous sçaurai un gré infini de la préférence que vous lui donnerez sur ses concurrents, et que la grâce que vous accorderez à cet infortuné ne fera qu’augmenter la considération que j’ay pour messieurs les doien et chanoines du chapitre de l’église métropolitaine de Rouen.

» Charles Philippe. »


Le protégé du comte d’Artois fut élu et leva la fierte. Mais le chapitre ne laissa pas ignorer au prince que le sieur Bouyou de la Prade, gentilhomme de l’Agénois, officier de la légion corse, qui avait sollicité la fierte en concurrence avec Bertrand, avait de véritables droits à cette faveur. La toute-puissante recommandation de son altesse royale avait pu, seule, faire pencher la balance en faveur d’un autre. Mais le sieur Bouyou de la Prade avait-il perdu, par là, ses droits à l’indulgence dont le rendait digne la nature du crime qui lui était imputé ? (Il s’agissait d’un meurtre commis dans une querelle de chasse.) Le comte d’Artois, touché de la préférence que l’on avait donnée à son protégé, promit de faire, à son tour,