Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/223

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déclaration, et les députés du chapitre dressaient procès-verbal.

L’examen des prisonniers était toujours très-secret. « L’un prisonnier ne povoit veoir l’autre qui venoit au dict examen, ne autre personne séculière. » Les chapelains eux-mêmes, à ce qu’il paraît, n’assistaient point à ces interrogatoires ; car un témoin de la première enquête de 1425 rapporte « qu’il les véit, aucunes fois, avec le concierge, qui buvoient et faisoient bonne chière. » Il fallait bien vivre, en effet, quoique ce fût quatre-tems les trois jours des Rogations. De leur côté, les chanoines ne partaient pas à jeun de la prison. Déjà nous avons vu qu’on leur apportait « pain, vin et herbe. » Si c’eût été là tout leur repas, leur part n’aurait pas valu celle des chapelains, qui, « beuvoient avec le concierge, et faisoient bonne chière. » Mais de vieux manuscrits du chapitre nous rassurent pleinement à cet égard. On y voit que « de toute antiquité, en visitant les prisonniers prétendans au privilége de monsieur sainct Romain, les deux chanoines, les deux chapelains, le notaire ou tabellion, et les huissiers messaigers du chapitre, avoient coustume de prendre leur desjeûner en la geôle du bailliage, pendant les trois jours des Rogations et le jour de l’Ascension, aux frays et diligences des concierges. » Il vont jusqu’à nous apprendre qu’en 1453, les trois jours des