Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/260

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M. Du Rozel, l’autre festinant, qui se récriait beaucoup, disant que « cela estoit volontaire et qu’il n’entendoit estre tenu de payer aucune chose. » Mais on lui fit honte de ses doléances, et il finit par s’exécuter comme son collégue. Ce souper n’était pas moins dispendieux que le dîner ; quelquefois on y invitait l’archevêque de Rouen, qui, retenu le matin au chapitre, pour l’élection du prisonnier, n’avait pu assister au déjeûner. Le vieux cardinal de Bourbon, qui, depuis, rêva qu’il était roi et qu’il s’appelait Charles X, se trouva souvent à ce second repas.

Mais, à un abus, en fut substitué un autre, peut-être plus dispendieux encore. Au lieu du souper qui s’était fait anciennement au Palais, le soir de l’Ascension, il passa en coutume que les deux conseillers festinants offrissent, le dimanche après la fête, un dîner à MM. de la grand’chambre. Ce dîner se donnait dans quelque jardin loué à cet effet, ou bien à l’archevêché, ou dans une salle de Saint-Ouen. Le samedi 13 mai 1600, on voit M. Moynet de Taucourt « inviter Messieurs à disner, le lendemain, au jardin, au lieu du soupper, qui autrefois se faisoit le jour et feste de l’Ascension, pour la solemnité du privilége. » On alla donc dîner au jardin ; M. Moynet, qui était chaud protestant, n’ayant eu garde de demander l’archevêché. — Jusques ici nous n’avons parlé que des conseillers