Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/289

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


laquelle vous rendrez compte, un jour, du sang que vous avez répandu avec tant de cruauté et d’inhumanité. » Il ne restait plus aux magistrats qu’à délivrer ce prisonnier au chapitre. Il devait être conduit ferré à la Vieille-Tour, « et avoient accoustumé les chapelains de Monsieur sainct Romain baillier au geollier cinq sols pour les fers dudict prisonnier[1]. »


Le prisonnier sortant du palais et se rendant à la Vieille-Tour.

Depuis l’établissement du parlement, le prisonnier n’était pas remis immédiatement entre les mains du chapelain de Saint-Romain et des maîtres de la confrérie ; il appartenait aux huissiers de le conduire à la Vieille-Tour, et ils s’y rendaient, accompagnés des soldats de la Cinquantaine et des arquebusiers. Ainsi escorté, le prisonnier traversait la ville, tête nue, comme en arrivant au palais ; les rues étaient remplies de curieux qui se pressaient les uns sur les autres pour voir l’élu du chapitre. On s’arrêtait au hallage ; c’était en ce lieu seulement que les huissiers devaient délivrer le prisonnier au chapitre, représenté par le chapelain et par les députés de la confrérie de Saint-Romain. En 1630, le jour de l’Ascension, il y eut, sur cela, entre cette confrérie et les huissiers, un débat que le parlement termina à l’avantage de ces derniers, « cela ayant esté, de tout temps, ainsi accoustumé. »

  1. Deuxième enquête de 1425.