Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/317

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Mais, même à l’époque où étaient portées les deux bêtes monstrueuses, cet incident d’un instant s’oubliait vîte, lorsque l’on voyait paraître la châsse révérée de Saint-Romain, surmontée de l’image en bosse de ce saint, et le prisonnier, sa couronne de fleurs blanches sur la tête, portant cette châsse sur ses épaules, par les deux bouts du brancard de devant « ce dont il ne se faict pas tousiours ung plaisir (dit naïvement un vieux manuscrit) combien qu’il n’yayt enffant de bonne mère qui ne luy preste la main pour le soulager. » Disons en passant, que cet empressement n’était pas toujours désintéressé, et qu’en 1527, un de ces enfans de bonne-mère déroba un des anneaux d’or dont la piété des habitans de Rouen avait enrichi la châsse…

Cependant, à l’aspect du saint reliquaire, plus de cris, plus de rires indécens. D’abord, la châsse du saint évêque commandait le respect ; et puis, hommes, femmes, jeunes, vieux, n’avaient plus qu’une pensée, ne songeaient plus qu’à un seul objet ; tous les yeux étaient fixés sur le même point, sur le prisonnier, héros de la fête[1]. Était-il jeune, vieux, grand ou petit, beau ou laid, noble ou

  1. « Ut stupent matres ! ut ab ore pendent
    » et virum explorant pueri, senesque ! »

    Poème latin déjà cité.)