Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/335

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


n’en allèrent pas moins en procession trouver le chapitre. Pierre Daré était à leur tête, et porta la parole en leur nom ; il remercia MM. les chanoines de ce qu’ils avaient bien voulu accorder leurs suffrages à la femme Andrieu ; il leur fit connaître le motif qui empêchait la graciée de se présenter à la barre du chapitre, les pria de l’excuser et de députer quelques-uns d’entre eux pour recevoir ses sermens. On lui répondit que cela était inutile ; la femme Andrieu comparaîtrait au chapitre après ses relevailles ; en attendant, on allait lui expédier sa pancarte de délivrance. Enfin, le 29 mai suivant, la prisonnière, relevée de couches, vint au chapitre, accompagnée de tous les membres de la confrérie. Son mari, qui, condamné aux galères, à raison du même meurtre, avait été délivré, à la demande du chapitre, par le patron des galères d’Honfleur, était avec elle. Ils reçurent la semonce d’usage, et prêtèrent, l’un et l’autre, les sermens accoutumés.

Au reste, si le prisonnier, harassé de fatigue, dormait profondément pour l’ordinaire, il n’en était pas de même, du moins dans les tems anciens, de toute cette jeunesse de la ville et de la province, dont les brillantes solennités du jour avaient échauffé les têtes et exalté les imaginations. De Bras de Bourgueville, né vers le commencement du xvie siècle, nous apprend qu’autrefois et « encore