Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/356

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


en donner une nouvelle ? c’est ce que je cherchais avec une extrême sollicitude, mais ce que je désespérais de trouver jamais, lorsque, tout récemment, un de nos concitoyens, averti que je m’occupais de l'histoire du privilége du chapitre de Rouen, vint m’apporter des pièces qui établissent l’origine de la nouvelle châsse de Saint-Romain. Avant d’exposer en détail leur contenu, quelques explications préalables sont necessaires.

Au xive siècle, la cathédrale de Rouen possédait dans son riche trésor une châsse de tous les saints. En 1366, aux Rogations (et non pas en 1453, comme le veut Pommeraie, Histoire de la cathédrale, page 83), on y renferma les reliques de saint Sénier ou Sénateur, évêque d’Avranches, et de saint Judius. Elle était alors portée, dans les processions de Notre-Dame, par les membres d’une ancienne confrérie de tous les saints, dont les registres capitulaires attestent l’existence[1]. En 1476, les membres de cette confrérie ayant reconnu que la châsse de tous les saints avait besoin de réparations, voulurent les faire faire à leurs frais ; ils prièrent le chapitre de leur confier la châsse ; cette compagnie y consentit, après en avoir ôté préalablement les reliques, avoir fait apprécier la châsse, les pierres qui l’ornaient, et fait prêter serment

  1. Reg. capit. du 2 août 1505, de 1522, 1533, 1536, 1538, etc.