Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/56

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la consacrer comme un dogme, en disant gravement que par le moyen des dites bateures, icelles personnes et bestes viennent à convalescence et garison[1]. Au XVe. siècle, une telle superstition n’étonne guères ; elle doit surprendre davantage, au milieu du règne de Louis XIV ; mais enfin, elle existait encore, du moins chez quelques individus, et le sieur De Calmesnil était de ces gens-là. Il s’en prit donc au berger Dorien, le frappant, le maltraitant, l’accablant de coups ; et comme le malheureux ne lui répondait que par des cris et des injures, il lui donna deux ou trois coups de plat d’épée sur la tête et les épaules « dont le dict Dorien s’étant voulu venger, soit qu’il se fût enferré de luy-mesme, ou que, dans la challeur, le sieur De Calmesnil (comme il le disait) luy eut poussé, par mesgarde, un coup de pointe, enfin Dorien se trouva blessé d’un petit coup au bas du ventre », petit coup dont il décéda presqu’aussi-tôt. En 1685, le sieur De Calmesnil sollicita la fierte. Le chapitre la lui refusa pour la donner à un homme qui véritablement en était encore plus indigne. Ce fait mérite quelque détails.

Depuis plus de vingt-cinq ans, Robert De Poucques, sieur d’Attigny, s’était emparé de la seigneurie de Quesques, en Boulonnais, qui appartenait

  1. Carp., Suppl. Cang., v°. Sortiarii.