Page:Anatole France - L’Affaire Crainquebille.djvu/100

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
L’AFFAIRE CRAINQUEBILLE

causaient tous deux volontiers ensemble. Elle lui parlait de ses parents qui habitaient la campagne.

Crainquebille - Steinlen (49).jpg

Et ils formaient tous deux le même vœu de cultiver un petit jardin et d’élever des poules. C’était une bonne cliente. De la voir acheter des choux au petit Martin, un sale coco, un pas grand’chose, il en avait reçu un coup dans l’estomac ; et quand il l’avait vue faisant mine de le mépriser, la moutarde lui avait monté au nez, et dame !

Le pis, c’est qu’elle n’était pas la seule qui le traitât comme un galeux. Personne ne voulait plus le connaître. Tout comme Mme Laure, Mme Cointreau la boulangère, Mme Bayard de l’ « Ange-Gardien » le méprisaient et le repoussaient. Toute la société, quoi.

Alors ! parce qu’on avait été mis pour quinze jours à l’ombre, on n’était plus bon seulement à

84