Page:Anatole France - Le Crime de Sylvestre Bonnard, 1896.djvu/8

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Paroissien romain et ma Cuisinière bourgeoise.

Ayant ainsi parlé, ma gouvernante aida le petit homme à renfermer sa pacotille dans la toilette verte.

L’homonculus Coccoz ne souriait plus. Ses traits détendus prirent une telle expression de souffrance que je fus aux regrets d’avoir raillé un homme aussi malheureux, je le rappelai et lui dis que j’avais lorgné du coin de l’œil l’Histoire d’Estelle et de Némorin, dont il possédait un exemplaire ; que j’aimais beaucoup les bergers et les bergères et que j’achèterais volontiers, à un prix raisonnable, l’histoire de ces deux parfaits amants.

— Je vous vendrai ce livre 1 fr. 25, monsieur, me répondit Coccoz, dont le visage rayonnait de joie. C’est historique et vous en serez content. Je sais maintenant ce qui vous convient. Je vois que vous êtes un connaisseur. Je vous apporterai demain les Crimes des papes. C’est un bon ouvrage. Je vous apporterai l’édition d’amateur, avec les figures coloriées.

Je l’invitai à n’en rien faire et le renvoyai content. Quand la toilette verte se fut évanouie avec le colporteur dans l’ombre du corridor, je