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IX

LE TAMBOUR


Vivre c’est désirer. Et, selon que l’on croira que le désir est doux ou qu’il est amer, on jugera la vie bonne ou mauvaise. À chacun de nous d’en décider sur son propre sentiment. Raisonner, en ce cas, est vain ; c’est affaire aux métaphysiciens. À cinq ans, je désirais un tambour. Ce désir était-il doux, était-il amer ? Je n’en sais rien. Disons qu’il était amer en ce qu’il résultait d’une privation et qu’il était doux puisqu’il représentait à mon imagination l’objet désiré.

Pour qu’on ne s’y trompe pas, je voulais