Page:Anatole France - Le Testament politique et religieux du président Cassignol, paru dans L’Écho de Paris, 01 mars 1898.djvu/10

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d’Église ; sans Église, point de christianisme ; sans christianisme, point de société. Donc le pape est au-dessus de tout. Il n’y a pas deux puissances, mais une seule, celle qui a été instituée pour la garde de la vérité dans le monde, l’Église catholique, qui réside dans le pape. Telle était, Messieurs, la pure doctrine de Lamennais à l’époque de la Restauration.

— C’était, dit naïvement Monsieur Bergeret, tout l’opposé du gallicanisme.

Sans doute parce que ce mot de gallicanisme était familier à son oreille, Monsieur Cassignol entendit le sens de l’interruption et y répondit :

— Le gallicanisme, Messieurs, c’est l’Église vendue aux rois.

Sachez, Monsieur, que Félicité de Lamennais dénonçait comme une odieuse usurpation la déclaration de 1682, garantissant l’indépendance réciproque du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel. Il