Page:Anatole France - Les Contes de Jacques Tournebroche.djvu/28

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Alors la princesse Hélène, rougissant et souriant, dit, les yeux baissés, d’une voix faible mais distincte :

— Oui.

Charlemagne et les pairs furent bien contents d’entendre la princesse dire ce mot.

— Allons, dit Hugon. Ces Français ont Dieu et le diable pour eux. Il était dit que je ne couperais la tête à aucun de ces chevaliers… Approchez, mon gendre.

Et il tendit la main à Olivier, qui la baisa.

L’empereur Charlemagne embrassa la princesse et lui dit :

— Hélène, je vous tiens pour ma fille et ma bru. Vous nous accompagnerez en France, et vous vivrez à notre cour.

Puis, comme il avait les lèvres sur les joues de la princesse, il lui dit à l’oreille :

— Vous avez parlé comme il fallait, en femme de cœur. Mais confiez-moi cela en grand secret : Avez-vous dit la vérité ?

Elle répondit :

— Sire, Olivier est vaillant homme et courtois. Il m’a distrait, par tant de gentillesses et