Page:Anatole France - M. Bergeret à Paris.djvu/10

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sa sœur Zoé avait des façons brusques et soudaines. Il se leva de table. Cependant Riquet, au bruit des pas, qui maintenant s’entendaient dans le corridor, poussait de terribles cris d’alarme. Sa prudence de sauvage, qui avait résisté à une éducation libérale, l’induisait à croire que tout étranger est un ennemi. Il flairait pour lors un grand péril, l’épouvantable invasion de la salle à manger, des menaces de ruine et de désolation.

Pauline sauta au cou de son père, qui l’embrassa, sa serviette à la main, et qui se recula ensuite pour contempler cette jeune fille, mystérieuse comme toutes les jeunes filles, qu’il ne reconnaissait plus après un an d’absence, qui lui était à la fois très proche et presque étrangère, qui lui appartenait par d’obscures origines et qui lui échappait par la force éclatante de la jeunesse.

— Bonjour, mon papa !