Page:Anatole France - M. Bergeret à Paris.djvu/17

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contrariées. Des hommes inconnus, mal vêtus, injurieux et farouches, troublaient son repos et venaient jusque dans la cuisine fouler au pied son assiette à pâtée et son bol d’eau fraîche. Les chaises lui étaient enlevées à mesure qu’il s’y couchait et les tapis tirés brusquement de dessous son pauvre derrière, que, dans sa propre maison, il ne savait plus où mettre.

Disons, à son honneur, qu’il avait d’abord tenté de résister. Lors de l’enlèvement de la fontaine, il avait aboyé furieusement à l’ennemi. Mais à son appel personne n’était venu. Il ne se sentait point encouragé, et même, à n’en point douter, il était combattu. Mademoiselle Zoé lui avait dit sèchement : « Tais-toi donc ! » Et mademoiselle Pauline avait ajouté : « Riquet, tu es ridicule ! »

Renonçant désormais à donner des avertissements inutiles et à lutter seul pour le bien commun, il déplorait en silence les