Page:Anatole France - M. Bergeret à Paris.djvu/67

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servations d’ordre historique ; mais il ne les fit pas, et M. Panneton de La Barge conclut :

— Voilà pourquoi je tiens pour criminels ceux qui attaquent l’armée, pour insensés ceux qui oseraient y toucher.

— Napoléon, répondit le professeur, pour louer une pièce de Luce de Lancival, disait que c’était une tragédie de quartier général. Je puis me permettre de dire que vous avez une philosophie d’état-major. Mais puisque nous vivons sous le régime de la liberté, il serait peut-être bon d’en prendre les mœurs. Quand on vit avec des hommes qui ont l’usage de la parole, il faut s’habituer à tout entendre. N’espérez pas qu’en France aucun sujet désormais soit soustrait à la discussion. Considérez aussi, que l’armée n’est pas immuable ; il n’y a rien d’immuable au monde. Les institutions ne subsistent qu’en se modifiant sans cesse. L’armée a subi de telles transformations dans le cours de son exis-