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L’ÉCURIE DE ROGER


C’est un grand souci qu’une écurie. Le cheval est un animal délicat, qui exige mille soins. Demandez plutôt à Roger.

En ce moment il panse son bel alezan, qui serait la perle des chevaux de bois, la fleur des haras de la Forêt-Noire, s’il n’avait perdu la moitié de sa queue à la bataille. C’est pour Roger une question de savoir si les queues des chevaux de bois repoussent.

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Après les avoir pansés en idée, Roger donne à ses chevaux une avoine imaginaire. C’est ainsi qu’il convient de nourrir ces menus fantômes de bois qui promènent les petits garçons à travers le pays des rêves.

Voilà Roger parti pour la promenade. Il a monté son cheval. Bien que la pauvre bête n’ait plus d’oreilles et que sa crinière ressemble à un vieux peigne ébréché, Roger l’aime. Pourquoi ? On ne saurait le dire. Ce cheval rouge, c’est le cadeau d’un pauvre